Prendre rendez-vous en ligne
55, avenue Bugeaud 75116 PARIS

96, rue Pierre Demours 75017 PARIS

Et si la grossesse n’était pas un événement si heureux que cela ?

Fotolia_91259057_M

Pour la majorité des femmes, grossesse rime avec joie, bonheur, plénitude….et pourtant il en est pour lesquelles c’est plutôt de la tristesse et de l’anxiété qui les envahit.

 

Pour la majorité des femmes, grossesse rime avec joie, bonheur, plénitude….et pourtant il en est pour lesquelles c’est plutôt de la tristesse et de l’anxiété qui les envahit.

La maternité n’est donc pas forcément un chemin qui mène au bonheur, mais cela doit se taire, se cacher, ne pas s’énoncer et encore moins se voir…

Or, pouvoir exprimer et partager que l’on est triste, soucieuse et que cette maternité n’est pas source d’extase sans se sentir jugée peut grandement dédramatisier, sécuriser et apaiser la femme enceinte, également la déculpabiliser de ses sentiments négatifs.

Car, oui la déprime ou la dépression pendant la grossesse existe mais reste encore un sujet tabou et l’exprimer est dérangeant, incommodant, inattendu, incompréhensible, à fortiori pour celles qui ont eu du mal à concevoir, ou encore celles qui ont mené le dur combat des traitements contre l’infertilité et qui, parvenant enfin à une grossesse, n’en ressentent pas encore le bonheur tant atendu. Il est donc important de savoir repérer les premiers signes d’une dépression et les évoquer avec la femme enceinte pour pouvoir en parler et en comprendre les fondements, car une dépression non reconnue pendant la grossesse conduit fréquemment à une dépression du post-partum, voire peut se chroniciser.

Le « baby-blues » et la dépression post-natale sont assez connus et documentés, mais la dépression durant la grossesse l’est moins.

Quels sont donc les signes de la dépression ?

Tout d’abord, il est important de faire la distinction entre l’anxiété normale d’une future mère à l’égard de son bébé (santé du bébé, accouchement, maternage, allaitement…) avec ce qui pourrait être des signes précurseurs d’une entrée en dépression. En outre, il faut savoir aussi distinguer ce qui relève des effets physiologiques et fonctionnels de la grossesse de ce qui a franchement un caractère pathologique de dépression. Enfin, il y a des degrés dans la dépression, allant de la dépression légère à modérée puis à sévère selon le nombre et l’intensité des symptômes. Dans tous les cas, la dépression entraîne un ralentissement dans tous les registres de la vie quotidienne avec des symptômes persisitant sur une longue période (au moins deux semaines).

Ce que l’on repère en premier lieu est un changement d’humeur qui passe sur un versant triste et se traduit par un manque d’intérêt en général, et pour la grossesse en particulier, par un faible entrain pour les gestes de la vie quotidienne et une « envie de rien ». La personne déprimée a une faible estime d’elle-même, se dévalorise beaucoup et se montre très irritable.

Par ailleurs, des manifestations somatiques peuvent aussi alerter telles que des troubles du sommeil, avec un sommeil moins profond, entrecoupé de réveils nocturnes et donc moins réparateur, un réveil très matinal avec une impossibilité de se rendormir. La personne peut aussi avoir du mal à se lever le matin, le sommeil constituant pour elle une sorte de refuge, un moyen de fuir la réalité, sans se sentir en meilleure forme d’avoir beaucoup dormi. Le manque d’appétit est aussi un signe précurseur de dépression avec, comme corollaire, un amaigrissement.

Mais un excès de nourriture particulièrement sucrée et une prise de poids peuvent également alerter. D’autres troubles tels que des douleurs (problèmes digestifs, articulaires, maux de tête…) ou des déréglements (perturbation du rythme cardiaque avec des palpitations, tension artérielle…) peuvent apparaître. La fonction sexuelle, à la fois biologique et relationnelle, peut être également affectée dans la dépression car il y a une baisse du désir et par conséquent du plaisir. La femme déprimée peut aussi présenter des troubles cognitifs (concentration, attention) avec une perception de la réalité erronée ainsi qu’une vision très pessimiste de l’avenir. Cela peut même aller jusqu’à des idées noires.

La dépression peut aussi se montrer sous la forme d’une excitation excessive avec un sentiment de toute puissance. Dans tous les cas, ces troubles sont d’autant plus difficiles à diagnostiquer chez une femme enceinte qu’ils sont souvent imputés aux perturbations hormonales et fonctionnelles de la grossesse.

De plus, la femme déprimée a souvent du mal à reconnaître son état ou peut les imputer à d’autres événements de vie. L’intérêt de pouvoir en parler avec un thérapeute spécialisé L’état psychique de la mère influe sur le développement de l’enfant et sur les relations précoces qu’ils vont établir, aussi il est important de repérer les signes de tristesse, d’anxiété ou de déprime et d’orienter vers un spécialiste qui saura évaluer la gravité du trouble et agir en conséquence afin de prévenir les possibles conséquences négatives d’un syndrome dépressif chez la future mère.

Par ailleurs, la naissance d’un enfant pour une femme renvoie inévitablement à sa propre mère (ou substitut maternel). Si les relations durant l’enfance ont été troublées, son rôle de mère peut se voir affecté de ses expériences précoces et ainsi perturber les premiers liens qu’elle va instaurer avec son futur bébé. Il en va de même pour le père qui devra trouver sa place dans cette dyade mère/bébé sans se sentir exclu de la relation ou en rivalité avec le bébé.

Ceci dépendra également de son histoire infantile. La grossesse, avec les bouleversements physiques et psychiques qu’elle induit, a ceci de particulier qu’elle laisse parfois émerger des conflits anciens ou des difficultés majeures. Certaines situations peuvent donc justifier d’avoir recours à un soutien psychologique temporaire afin de comprendre ce qui vient troubler ce qui devrait être un événement heureux. La mise au monde d’un enfant n’est donc pas un événement si banal qu’on veut bien le prétendre.

 

Jannick Achour

Psychologue- Sexologue pour

http signatures.mylivesignature.com 54493 334 A9C4AE41AF0F63D1E49975997A79F446

 

Source image : Flickr

 

 

 

 

%d blogueurs aiment cette page :

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer